Lubumbashi, le 7 novembre 2025 — La pollution des eaux dans les quartiers Kasapa et Kamatete, à Lubumbashi, a conduit le gouvernement congolais à prendre une mesure ferme contre la société minière chinoise Congo Dongfang Mining (CDM), accusée d’avoir déversé des eaux chimiques dans l’environnement.
Après une descente effectuée le jeudi 6 novembre 2025 sur le site de l’entreprise, situé du côté de Jolie City, le ministre national des Mines, Louis Watum Kabamba, a ordonné la suspension de toutes les activités minières de la CDM pour une durée de trois mois. Cette décision, qualifiée de conservatoire, intervient à la suite de constats accablants sur le rejet d’eaux polluées dans les canalisations et rivières avoisinantes.


Le ministre a précisé que cette mesure vise à permettre la réalisation d’enquêtes techniques et environnementales afin d’évaluer les dégâts causés. Il a également exigé de la société CDM le paiement des salaires de ses employés durant la période de suspension, ainsi que l’indemnisation des populations affectées et la réparation des préjudices environnementaux.
« Si nécessaire, nous prolongerons la période de suspension. Les pénalités suivront selon les lois en vigueur », a insisté Louis Watum Kabamba.
Pour sa part, Maître Donald Kabasele, avocat de la société CDM, a déclaré que son client respectait la décision du ministre et s’engageait à se conformer aux recommandations du gouvernement. « Nous saluons la rapidité avec laquelle le ministre des Mines a réagi et sa présence sur le terrain pour constater l’ampleur de la situation », a-t-il affirmé.
Selon les constats recueillis, les eaux contaminées issues du site principal de CDM se sont déversées dans la rivière Kamatete, avant de rejoindre la rivière Lubumbashi, en traversant plusieurs quartiers dont Kalubwe, Kipopo et jusqu’au lac Tshombe. Des habitants ont signalé la présence de poissons morts, signe inquiétant de la gravité de la pollution.
Cette affaire a provoqué une onde de choc au sein de la société civile du Haut-Katanga, qui demande l’ouverture d’une enquête judiciaire pour établir les responsabilités et sanctionner ce qu’elle qualifie de crime environnemental.
La suspension de CDM, filiale d’un grand groupe industriel chinois, marque un tournant dans la lutte contre les atteintes à l’environnement en République Démocratique du Congo, où la pression s’accentue pour une exploitation minière plus responsable.