Butembo, 28 avril 2026 — Le Syndicat national des inspecteurs de l’enseignement au Congo (SYNIECO) a officiellement décidé de suspendre sa participation aux épreuves certificatives de la session 2026 dans la province éducationnelle Nord-Kivu II. Cette décision a été prise à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue lundi 27 avril à Butembo, en vue d’évaluer les engagements du gouvernement congolais envers les inspecteurs de l’enseignement.
Dans un mémorandum adressé à la ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, les 102 inspecteurs présents ont exprimé leur profond mécontentement face à plusieurs revendications restées sans réponse. Ils dénoncent notamment une répartition qu’ils jugent discriminatoire de la prime liée aux fonctions spéciales, le non-paiement de 51 % des indemnités dues pour la session 2025 ainsi que l’absence de garanties financières pour l’organisation de la session 2026.
À ces préoccupations financières s’ajoutent les difficultés sécuritaires et logistiques qui caractérisent la province éducationnelle Nord-Kivu II, une zone fortement affectée par l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Prenant la parole devant les autorités urbaines de Butembo, le secrétaire du SYNIECO, Kakule Kombi Samuel, a insisté sur l’importance de conditions de travail décentes pour garantir la crédibilité des examens nationaux.
« Alors que les examinateurs non payés lors de la session passée expriment à juste titre leur réticence à prester pour la session 2026, nous insistons sur le fait que la crédibilité et la sécurité des épreuves reposent sur l’engagement total des intervenants. Un personnel démotivé, indécemment payé ou non pris en charge ne saurait garantir l’intégrité, la transparence et la sécurité des examens d’État », a-t-il déclaré.
Le syndicat prévient qu’en l’absence de mesures urgentes et concrètes, il boycottera l’accompagnement des épreuves de l’Examen d’État, du TENASOSP ainsi que de l’ENAFEP pour la session 2026.
Toutefois, le SYNIECO se dit disposé à reprendre immédiatement le travail si les fonds attendus sont débloqués, même en urgence. Les inspecteurs lancent ainsi un appel à la responsabilité de la ministre de l’Éducation nationale afin d’éviter une paralysie qui pourrait compromettre l’avenir scolaire de milliers de candidats.
Cette situation devient d’autant plus préoccupante que les épreuves de l’ENAFEP sont prévues pour débuter dès le lundi 4 mai prochain, plaçant les autorités face à une urgence éducative majeure dans une région déjà profondément éprouvée par les conflits.