CAMI

Kinshasa, 21 mai 2026 — Alors que le Cadastre Minier (CAMI) fait l’objet, depuis plusieurs jours, d’une série de publications accusatrices mettant en cause sa gouvernance, certaines voix s’élèvent pour dénoncer ce qui s’apparente davantage à une campagne de déstabilisation orchestrée qu’à une véritable quête de transparence institutionnelle.

Au cœur de cette controverse, plusieurs médias relaient des accusations de mauvaise gestion visant l’équipe dirigeante actuelle du CAMI, notamment autour de l’acquisition et de la rénovation de l’immeuble ex-Sabena, ainsi que sur des questions de gestion interne. Mais pour plusieurs observateurs du secteur minier, le timing de cette offensive médiatique soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

En effet, cette vague d’attaques intervient peu après le lancement d’une opération d’assainissement du cadastre minier congolais, marquée par des mesures ciblant plusieurs titres miniers réputés proches de l’ancien président Joseph Kabila. Une initiative qui, selon certaines sources, aurait provoqué de fortes résistances au sein de réseaux d’intérêts affectés par cette nouvelle dynamique de gouvernance.

Dans ce contexte, certains analystes estiment que les accusations portées contre le CAMI pourraient relever davantage d’une stratégie de contre-offensive destinée à détourner l’attention de l’opération de nettoyage engagée par la nouvelle direction.

Parmi les noms régulièrement évoqués dans les cercles politiques et miniers figure celui de Monsieur Jean Félix Mupandé, ancien Directeur général du CAMI, présenté par certains comme une figure influente de l’ancien système de gouvernance minière, et récemment annoncé parmi les personnalités ayant rejoint l’AFC/M23. Des sources concordantes évoquent son implication indirecte dans des réseaux ayant historiquement protégé certains portefeuilles miniers sensibles. Aucune preuve judiciaire n’a cependant, à ce stade, publiquement établi une quelconque responsabilité personnelle dans les accusations actuelles.

Pour les défenseurs de l’équipe dirigeante actuelle, il apparaît curieux que des griefs jusque-là peu visibles émergent avec une telle intensité précisément au moment où le CAMI engage un assainissement touchant des intérêts puissants.

« Lorsqu’une institution commence à remettre de l’ordre dans des secteurs longtemps opaques, il est fréquent que les bénéficiaires de l’ancien désordre cherchent à discréditer les réformes », confie un observateur du secteur extractif sous couvert d’anonymat.

S’agissant du dossier de l’immeuble ex-Sabena, plusieurs proches du CAMI rappellent que l’institution a déjà apporté des éléments de clarification sur certains aspects et plaident pour que toute évaluation se fasse sur la base de documents administratifs vérifiables, et non de spéculations relayées dans l’espace médiatique.

Au-delà des polémiques, plusieurs analystes appellent à distinguer les véritables exigences de redevabilité des tentatives de manipulation politique. Car si toute institution publique doit naturellement répondre aux standards de transparence, encore faut-il que les accusations portées reposent sur des faits établis et non sur des offensives commanditées.

Dans un climat où la réforme du secteur minier touche des intérêts stratégiques, le CAMI apparaît aujourd’hui à la croisée des chemins : poursuivre l’assainissement engagé ou céder aux pressions d’une bataille d’influence où se mêlent politique, économie et contrôle des ressources minières du pays.