Yaoundé, 29 mai 2026 — Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur énergétique avec le lancement du déploiement de 20 000 compteurs intelligents destinés à améliorer la gestion de l’électricité, réduire les pertes financières et renforcer la fiabilité de la facturation.
L’annonce a été faite le 27 mai dernier par le ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de réformes du secteur de l’électricité (PRSEC PforR), soutenu financièrement par la Banque mondiale. Cette initiative vise à répondre aux défis persistants qui affectent le réseau électrique national, notamment les fraudes, les pertes techniques et les dysfonctionnements qui fragilisent l’équilibre financier du secteur.
Le projet repose sur une infrastructure de comptage avancée, connue sous l’appellation Advanced Metering Infrastructure (AMI). Cette technologie permet la transmission automatique des données de consommation électrique, offrant ainsi aux opérateurs un suivi en temps réel des usages énergétiques.
Selon le MINEE, l’introduction de ces équipements intelligents contribuera à améliorer la détection des anomalies, à limiter les pertes non techniques et à renforcer la transparence dans la facturation des abonnés. L’objectif est également de sécuriser les revenus des opérateurs tout en améliorant la qualité du service fourni aux consommateurs.
La mise en œuvre du projet est assurée par l’Unité de coordination du programme placée sous la tutelle du ministère de l’Eau et de l’Énergie, en collaboration avec la Société camerounaise d’électricité (Socadel), anciennement Eneo. Après une phase d’essais techniques réalisée entre janvier et février 2026, les équipements ont été réceptionnés au mois d’avril, ouvrant ainsi la voie à leur déploiement progressif sur le terrain.
Dans le même élan, un centre de données est en cours d’installation dans la ville de Douala afin de centraliser, traiter et sécuriser les informations collectées par les nouveaux compteurs intelligents.
Cette opération s’inscrit dans le cadre plus large du Plan de redressement du secteur de l’électricité (PRSEC) mis en œuvre entre 2024 et 2026. Évalué à près de 400 milliards de francs CFA, soit environ 710 millions de dollars américains, ce programme bénéficie notamment d’un appui de 180 milliards de francs CFA de la Banque mondiale et de 48 milliards de francs CFA de la Banque africaine de développement.
Au-delà de la digitalisation du système de comptage, le programme prévoit également plusieurs investissements structurants destinés à renforcer les infrastructures électriques du pays. Parmi les principales actions figurent l’extension du réseau national, le renforcement des postes de transformation, le remplacement de plus de 50 000 poteaux en bois ainsi que la conversion progressive de 1,5 million de compteurs postpayés vers des compteurs prépayés.
Pour les autorités camerounaises, cette transition vers les technologies intelligentes représente un levier majeur pour améliorer la gouvernance du secteur énergétique, optimiser les recettes des opérateurs et accompagner la croissance de la demande en électricité induite par l’urbanisation et le développement industriel du pays.
À travers ce projet, le Cameroun affiche sa volonté de bâtir un réseau électrique plus performant, plus transparent et mieux adapté aux exigences de l’économie moderne.