FOMIN

Kinshasa, 21 décembre 2025 — Une étude du Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL Asbl) met en lumière une performance financière contrastée du Fonds minier pour les générations futures (FOMIN) sur la période 2020–2025. Selon ce rapport parvenu à notre rédaction ce samedi, le FOMIN a encaissé 857 millions de dollars américains, dépassant largement les prévisions initiales fixées à 639 millions USD, soit un taux de réalisation de 134,10 % et une plus-value de 218 millions USD.

Cependant, derrière cette performance apparente se cache une faible exécution des dépenses. Toujours selon le CREFDL, le FOMIN n’a engagé que 441 millions USD pour le financement de 11 projets et programmes, sur instruction du Gouvernement. En comparaison avec les recettes cumulées, cela représente seulement 51,52 % des ressources mobilisées, laissant environ 415 millions USD en dormance dans les comptes de l’établissement.

L’étude pointe également des zones d’ombre dans la communication financière faite aux institutions de contrôle. Lors de son audition devant la Commission économique et financière de l’Assemblée nationale, le directeur général du FOMIN avait évoqué huit projets financés pour un montant global de plus de 430 millions USD. Or, après analyse du rapport de l’ECOFIN, le CREFDL relève un écart non déclaré d’environ 11 millions USD, soulevant des interrogations sur la sincérité des informations transmises au Parlement.

Face à ces constats, l’organisation de la société civile appelle les députés nationaux à initier une mission de contrôle parlementaire approfondie. Objectif : faire la lumière sur la gestion et l’utilisation des 441 millions USD affectés aux projets d’investissement, mais aussi évaluer l’impact réel de ces financements sur les communautés locales, conformément à la vocation du Fonds.

L’évolution des recettes du FOMIN sur la période étudiée révèle par ailleurs de fortes disparités. À la fin de l’exercice 2020, seulement 48,58 % des revenus attendus avaient été encaissés. L’année 2021 marque une chute brutale, avec à peine 929 791 USD collectés sur plus de 92,6 millions prévus, soit un taux de réalisation proche de 1 %. À partir de 2022, la tendance s’inverse nettement : 238,5 millions USD encaissés contre 143,7 millions attendus, dégageant une plus-value de près de 95 millions USD. Les années 2023 et 2024 confirment cette dynamique, avec des taux de réalisation respectifs de 268,20 % et 136,34 %. En 2025 toutefois, à mi-parcours, seuls 27 millions USD avaient été encaissés sur des prévisions annuelles de 95 millions USD.

Sur les deux dernières années analysées, le FOMIN a mobilisé plus de 577 millions USD, dont près de 62 % proviennent du report de trésorerie et seulement 38 % directement de la quotité de 10 % de la redevance minière. Une structure de recettes qui interroge sur la soutenabilité et la régularité des flux destinés à garantir l’après-mine.

Institué par le Code minier et doté d’une autonomie administrative et financière, le FOMIN a pour mission de constituer des richesses au bénéfice des générations futures, en soutenant la recherche minière, le développement durable et la diversification économique. Pour le CREFDL, l’efficacité de cette mission passe désormais par un contrôle renforcé, une meilleure transparence et une utilisation plus cohérente des ressources accumulées, afin que les ambitions affichées se traduisent réellement en bénéfices pour les populations congolaises et les générations à venir.