cobalt

Kinshasa, 4 janvier 2026 — Le marché mondial du cobalt a connu en 2025 une envolée sans précédent, portée à la fois par une demande mondiale soutenue et par les choix stratégiques de régulation opérés par la République démocratique du Congo, premier producteur mondial de ce métal clé de la transition énergétique.

Selon les données de la Banque Centrale du Congo, le cours du cobalt a atteint un niveau record de 52.790 dollars américains la tonne, affichant une progression hebdomadaire de 3,6 %. Sur un an, la hausse est spectaculaire, avec une augmentation de 119,5 % par rapport à fin décembre 2024, confirmant la tension persistante sur ce marché stratégique.

Cette dynamique est largement attribuée à l’essor rapide des batteries destinées aux véhicules électriques et aux systèmes de stockage d’énergie, dans un contexte où l’offre mondiale demeure contrainte. En RDC, ces limitations résultent notamment des politiques de régulation mises en place par les autorités congolaises, dont l’embargo instauré en février 2025 pour contenir une situation de surabondance de l’offre internationale.

Face aux difficultés rencontrées lors de la reprise progressive des exportations, le régulateur congolais a annoncé, dans un communiqué daté du 28 décembre 2025, la prolongation jusqu’au 31 mars 2026 de la validité des quotas d’exportation attribués aux producteurs pour le quatrième trimestre 2025. Cette décision vise à permettre aux entreprises de finaliser leurs expéditions dans un environnement administratif et logistique encore contraint.

Initialement, un volume total de 18.125 tonnes de cobalt devait être exporté entre octobre et décembre 2025. Toutefois, plusieurs opérateurs n’ont pas pu honorer leurs quotas dans les délais, en raison de goulots d’étranglement liés aux procédures de contrôle technique, aux formalités douanières et aux chaînes logistiques. Le cadre réglementaire ne prévoyait pas, à l’origine, le report des quotas non utilisés, exposant ainsi certaines sociétés à la perte pure et simple de leurs volumes.

La mesure de prolongation décidée par le Gouvernement permet donc de sécuriser ces quantités, tout en évitant une rupture brutale des flux d’exportation, dans un contexte de prix historiquement élevés. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a récemment indiqué que les exportations de cobalt avaient « repris », sans toutefois préciser les volumes effectivement concernés ni les entreprises impliquées.

Parmi les acteurs majeurs du secteur, CMOC, bénéficiaire d’un quota de 6.650 tonnes pour le quatrième trimestre 2025, estime que ses premières cargaisons ne quitteront le territoire congolais qu’au cours du mois de janvier 2026, le temps d’achever l’ensemble des formalités réglementaires et douanières requises.

Si la prolongation des quotas contribue à réduire l’incertitude pesant sur les volumes non exportés en 2025, elle met également en lumière les défis persistants liés à la mise en œuvre du nouveau dispositif de régulation. Dans un marché du cobalt caractérisé par une forte volatilité des prix, les autorités congolaises sont désormais attendues sur leur capacité à assurer une application durable, fluide et prévisible de ce cadre.

Enfin, si l’embargo de février 2025 a largement contribué à la flambée actuelle des cours, des restrictions prolongées sur l’offre congolaise pourraient inciter les industriels à accélérer la substitution du cobalt par d’autres métaux dans la fabrication des batteries. Un risque stratégique que le Gouvernement devra intégrer dans l’élaboration de sa politique minière, afin de concilier régulation du marché, attractivité du secteur et maintien de la compétitivité du cobalt congolais sur la scène internationale.