Le secteur minier congolais est une nouvelle fois confronté à ses vieux démons. À Punia, dans la province du Maniema, un conteneur chargé de 19 tonnes de minerais et destiné à la société MMR a été saisi alors qu’il tentait de quitter la zone d’exploitation en toute illégalité, ont confirmé des sources locales et administratives.
Selon les informations recueillies, le chargement ne disposait ni des documents requis du Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification (CEEC) ni de l’enregistrement à l’ITRI. De plus, l’entreprise MMR ne détenait ni accord d’achat ni licence pour exercer le commerce de minerais dans le Maniema, en violation manifeste de la législation minière en vigueur.
Pressions et enjeux politiques
Alors que le gouvernement s’efforce d’assainir le secteur, des pressions exercées par certaines autorités pour obtenir la libération du conteneur viennent compliquer l’affaire. Cette situation illustre l’ampleur des défis auxquels fait face l’exécutif pour imposer la transparence et mettre fin aux pratiques frauduleuses.
Pourtant, le 7 janvier 2025, le gouvernement avait annoncé la création d’une commission indépendante chargée de lutter contre la fraude minière, répondant ainsi aux préoccupations exprimées par le président Félix Tshisekedi sur les activités illégales dans les sites d’exploitation.
Un signal fort contre la fraude
Cette saisie représente non seulement une perte fiscale importante pour l’État, mais également un test de crédibilité pour les autorités congolaises. Elle rappelle l’urgence de renforcer les mécanismes de contrôle, d’appliquer la loi de manière impartiale et de promouvoir des pratiques minières durables et conformes aux normes.
En déjouant cette tentative de contrebande, les autorités locales envoient un message clair aux contrebandiers : la République démocratique du Congo entend défendre ses richesses et protéger ses intérêts face aux trafics illicites.